Appropriation des enfants et pouvoir patriarcal

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La Revue L’ARC a demandé à Fatma Karali son analyse sur le désenfantement institutionnel.

Voici comment la Revue introduit l’article :

La présente analyse argue que le « désenfantement institutionnel » – le retrait ou la menace de retrait de garde d’enfants à des mères – n’est pas un dysfonctionnement accidentel, mais une continuité structurelle du patriarcat, aujourd’hui réinscrite dans les dispositifs juridiques et psychosociaux (comme la loi belge de 2006) qui imposent une coparentalité abstraite. Sous couvert de neutralité, les institutions tendent à requalifier les violences masculines en simples « conflits parentaux », punissant les mères par des accusations de « non-coopération » ou d’« aliénation parentale ». Ces violences ciblent prioritairement les mères à l’intersection des dominations – racisme et validisme – en leur faisant subir une suspicion systémique et une pathologisation héritée de rapports sociaux coloniaux et du surcontrôle permanent des personnes porteuses de handicap. Pour lutter contre ces violences structurelles, le premier pas est de déplacer la responsabilité : cesser de juger la « bonne mère » pour exiger des institutions qu’elles garantissent la sécurité réelle des femmes et des enfants.